La petite voix dans ma tête est une menteuse

Cette petite voix dans ma tête, oh qu’est-ce qu’elle est bavarde, elle en s’arrête pas.  A se demander parfois si nous sommes une seule et même personne.  Si elle parle et que j’écoute, sommes-nous deux êtes distincts ?  Quand j’essaie de lui prouver qu’elle a tort, je me bas contre qui exactement ? J’ai une expérience à vous raconter : ma première séance de méditation.

Je me suis jointe à une classe de méditation.  Une première pour moi !  Et quelle expérience ce fut ! Nous étions dans un appartement dont le sol était couvert d’un assemblage de tapis de yoga.  Deux Chinois de Taiwan nous accueillent, nous pôvres blancs à la recherche de la paix intérieure.  Après quelques explications sur la respiration, qui se sont révélées inutiles puisque je suis une férue de yoga, nous commençons une séance de méditation de 15 min.  15 malheureuses minutes, vous allez me dire, c’est ridicule ! Ridicule ? 15 min, assis en position du lotus (ou du demi-lotus), sans bouger, sans ouvrir un oeil, sans savoir combien de temps s’est écoulé, en se concentrant sur sa respiration uniquement.  Ca vous parait simple ? Ca ne l’est pas pour la simple et bonne raison qu’il y a une petite voix dans votre tête qui est incapable de se la fermer 😉

Je m’assois donc et croise mes jambes.  Je ferme les yeux et je commence ma respiration-relaxation.  « La tortue vit longtemps car elle respire lentement » nous a-t-on dit.  Aussi, pour s’assurer la longévité, il est bon d’en faire autant.  Les yeux sont clos, le dos est droit, les jambes sont croisés : je suis prête.  Je respire : j’inspire longuement, je gonfle mon ventre, et ensuite, j’expire lentement en expulsant mon dernier souffle en contractant mon diaphragme.  Et ainsi de suite.

Quelques respirations plus tard, la voici, elle en peut plus se tenir.  Elle me souffle : « pfff c’est long … ca fait combien de temps ? ».  Mes pieds commencent à s’engourdir, les fourmis se répandent.  J’essaie de ne pas y penser et de me concentrer sur ma respiration.

« Remue tes orteils, ca me démangent ! Puisque tout le monde ferme les yeux, personne ne te verra. »

« façon, tu tiendras pas, tu vas abandonner, c’est trop dur ».  Ce fut le mot de trop.  J’en avais assez de cette voix qui me décourage, me répète que je n’y arriverais pas, que c’est trop dur.  Non, cette fois-ci je lui tiendrai tête, et je lui prouverai qu’elle a tort.  Ayé, j’ai un challenge, perdre contre moi-même m’anéantirait.

« tu peux ouvrir les yeux pour regarder l’heure »

Dans un premier temps, nous devions contrôler notre respiration.  Dans un deuxième temps, nous devions nous concentrer sur notre heart chakra, à peu près au niveau du sternum.

Alors après avoir dit chut à ma petite voix, j’ai commencé à me concentrer sur mon heart chakra.  Après un certain temps que je ne saurai estimer, j’avais le dos qui commençait à se courber et j’avais l’impression d’avoir un énorme pendentif qui m’appuyait sur le heart chakra.  Ma petite voix ne s’était pas avouée vaincue aussi facilement.  « C’est trop dur » me disait-elle.  Je redressai le dos.  Respirer devenait de plus en plus difficile.

« abandonne, personne ne le saura ».

Je gonfle la poitrine et j’inspire.  Je relève la tête et je me concentre.  J’ai l’impression que ce n’est pas seulement mon esprit que je dois battre, c’est aussi mon corps qui se bat contre moi.  Je me sens faible.  Respirer est un effort surhumain.

« ouvre les yeux, regarde autour de toi, les autres ont dû abandonner aussi, lâche prise »

Soudainement, je prends conscience que je balance d’avant en arrière comme les autistes dans les films, et je prends alors aussi conscience que je pleure.  Des larmes coulent le long de mes joues et s’écrasent sur mes mollets pliés dessous.  Maintenant que je m’en rends compte, ses larmes qui ruissellent sont insupportables.  Mes joues me démangent, je dois sécher mes larmes, mais je ne dois pas bouger.  Sous aucun prétexte, je ne dois bouger.  Mes jambes sont comme de l’acier, je ne les sens même plus.

Je suis au bord du gouffre, je n’ai plus la force, je dois abandonner, n’est-ce pas ce que je (oui, « je » après tout, c’est un peu moi la petite voix) me répète depuis le début.  Je lutte encore, je ne peux pas la laisser gagner, je ne peux pas abandonner, je ne peux pas échouer.  Un dernier effort.  Encore un peu, un peu…

Et dans le silence, soudainement résonne la voix de notre professeur : « ouvrez les yeux »

C’était fini, j’avais vaincu ma petite voix, je lui avais tenu tête et je lui avais montré de quoi j’étais vraiment capable.  Depuis, je trouve ma paix intérieure en méditant, un moment où enfin cette petite voix se tait et me laisse en paix.

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2 réflexions sur “La petite voix dans ma tête est une menteuse

  1. […] jour.  Il vous faut donc affronter cette étape plusieurs fois par jour et ne jamais craquer.  Construisez votre mental ! Poussez vos limites.  Utilisez la pensée positive pour vous motiver. Vous ne vous sentez pas […]

  2. […] de faire moi-même la recherche … mais je n’ai pas eu le droit aux mêmes résultats) – respiration de la tortue: relaxation (faut croire que “respiration de tortue” n’était pas seulement une expression […]

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