L’école, le berceau de la déchéance française

Oui, le titre est un peu cinglant, cela dit il me semble approprié. Tout ce que l’on peut reprocher aux Français et qui nous amène à notre chute imminente nous a été enseigné à l’école.

Je commencerai par le manque de professionnalisme en parlant du retard

Les Français sont toujours en retard

Enfin surtout, ils ne sont pas dérangés par le retard. C’est un peu la technique du « roooh ça va ! 5 minutes ». On a même une expression pour ça « le quart d’heure de politesse », c’est vous dire à quel point c’est intégré dans la mentalité française. Alors que vient faire l’école là-dedans ? Vous vous souvenez peut-être des petits coupons bleus dans votre carnet de correspondance, c’était pour les retards, et les roses pour les absences (enfin, du moins, dans mon carnet, ils étaient de ces couleurs).
Combien de fois exactement le prof vous refusait en cours et vous demandait d’aller faire un mot de retard ? Je ne l’ai vu arriver que peu de fois, quand vraiment l’élève était pour la énième fois en retard. Faire un mot ne change rien au problème, vous êtes quand même en retard (voire plus !) mais au moins, vos parents seront informés.
Combien avez-vous vu un prof carrément refuser l’élève en cours ? A vrai dire, je ne sais même pas s’ils en auraient le droit.
Et au contraire, combien de fois avez-vous été en retard ? ou pris délibérement le temps d’aller au toilette ou finir de fumer, quitte à arriver en retard ? C’est très Français, parce que le laxisme des profs nous a enseigné que c’était acceptable. Et pourtant, cela ne l’est pas : en arrivant en retard, vous dérangez tout le monde, vous faites perdre du temps au prof et aux élèves qui EUX, ont fait l’effort d’être à l’heure.

Le retard concerne aussi les devoirs

Combien de fois j’ai rendu mon devoir à temps, quitte à mettre coucher tard, ou il faut bien l’avouer, l’avoir un peu bâclé ! Et j’arrive en cours, et l’autre dit « euh, m’dame, j’ai pas eu le temps de le finir (ou j’ai oublié) » et la prof répond « ok, à rendre pour demain ». Comment ??? C’est donc si anodin de ne pas rendre son devoir à temps. Pas de punition, pas de conséquences. Cela nous amène à des collaborateurs qui sont incapables de respecter des deadlines, même si cela met en péril le projet ou bloque leur équipe.
J’ai étudié aux Etats-Unis, et là, l’approche est bien différente. Déjà, il y a un bâton ! Et en plus, il y a une carotte. Je m’explique : il y a une deadline pour rendre ses devoirs. Si vous êtes bien organisé(e), vous pouvez rendre vos devoirs en avance. Pour chaque jour d’avance, vous gagnez 5 points d’avance (aux USA, on note sur 100). Donc admettons que votre devoir valait un 80/100 (ce qui est déjà une belle note), si vous l’avez rendu 4 jours avant la deadline, vous avez 100 ! On vous encourage à être en avance sur les délais et on vous récompense.
De la même manière, vous pouvez rendre en retard, mais cela vous coûtera 5 points par jour de retard en pénalité.

En France, on encourage pas à bien faire (voire à mieux faire) et surtout, on ne pénalise pas les fautes. Résultat : nivellement par le bas, pourquoi me tracasser avec ce devoir si je peux le rendre en retard sans conséquence ?

D’ailleurs en parlant de devoir, ça c’était à mon époque

Les devoirs interdits à l’école


Il est vrai que cette loi est très peu appliquée : on parle de 70% des instituteurs qui continuent à donner des devoirs. Pour moi, cela est évident. Pour apprendre et pour comprendre, il faut s’entraîner, s’entraîner, s’entraîner. Comme disent les anglais : practice make perfect. Ou en Français, cent fois sur le métier, tu remettras ton ouvrage.

Cela dit, rien que le fait que la loi existe remet en cause le bien-fondé des devoirs. Je crois que cela crée des enfants qui n’ont pas cette notion de travailler et d’entraînement, qui pensent que s’asseoir en cours suffit.

Parlons des notes maintenant

Les notes, un système compétitif

Vous avez surement entendu parler de la polémique sur les notes. Il faut croire que cela décourage les enfants, cela les traumatise. A mon ton narquois, je pense que vous l’aurez compris, je suis loin de penser que les notes traumatisent. C’est encore une des seules choses qui se rapproche de la vie réelle, celle d’après les études. Dans le monde du travail, plus vous êtes bons, plus vous êtes récompensé (enfin normalement). A l’école, il est normal que ce soit la même chose.
1) pour savoir où vous vous situez : êtes-vous bon ? êtes-vous mauvais ?
2) pour que les autres puissent vous évaluez : sans note, comment savoir si vous avez compris ?

Que ce soit des notes sur 10, sur 20, des lettres, des feux-verts ou des smileys, peu importe !

Mais en France, on ne valorise que peu ceux qui réussissent, et on trouve des excuses à ceux qui échouent. Si je vous donne deux mots en anglais, vous verrez à quel point la mentalité anglosaxone est éloignée de nous. Je vous dis : loser et winner. Les Anglosaxons valorisent la réussite, ceux qui win, les winners. Au contraire, ils dédaignent les losers, ceux qui ont perdu car ils n’ont pas assez fait d’effort. Oui, car aux USA (et ailleurs), si on échoue, c’est parce qu’on a pas travailler assez dur, work hard enough. C’est rarement des effets externes, ce n’est pas de la faute des autres.

En France, un échec, c’est toujours la faute des autres. Le pauvre, vous comprenez, sa famille est défavorisée, il n’a pas d’argent pour ses cahiers, il a des frères et soeurs à s’occuper etc…

Pire, on décourage ceux qui réussissent, car 1) on ne reconnait jamais que c’est par leur effort (non, c’est parce que leur famille leur paie des cours particuliers dans lequel ils travaillent et font des efforts) et 2) on les décourage en les dénigrant leur résultat.

Je vous donne une anecdote sur le point 2. J’étais plutôt douée pour les dictées. Douée, car je lisais beaucoup par passion, mais aussi parce que j’apprenais les dictées ! (oui, parce qu’en France, on vous donne le texte à l’avance). Je me souviens de cette prof de Français, qui souhaitant encouragé une élève, m’a découragé moi. L’élève en question est nulle à chier en dictée. Sa feuille, c’était le massacre de la St Barthélemy tellement l’encre rouge avait coulé, et elle avait -disons- 15/20, avec près de 10 fautes par phrase. Moi, au contraire, j’avais trois malheureuses fautes minimes, type un accent ou un -s, et j’avais la même note.

Voilà le message que ça envoie : mieux vaut ne faire aucun effort, puisque je peux avoir la même note. Et le message pour moi : tu te fais n$quer la gueule mais tu peux rien dire parce que c’est la prof. C’est exactement le même effet que de se lever tous les matins pour bosser et avoir des frais (essence, péage, lunch, nounou) et voir la famille d’à côté, qui vit grâce à tes impôts, qui se dore la pilule au soleil et qui ne paie ni impôt, ni cantine, ni transport et qui en plus reçoit des aides (HLM, RSA etc…)

Il me semble qu’il aurait été plus efficace de lui donner une note à son niveau (donc 2/20, certes c’est dur, c’est la vie), de lui donner des exercices en plus et de lui faire faire des dictées en plus. Mais ça, bien sur, ça serait traiter la cause, ce qui est plus dur, plus long et requière plus d’efforts que de simplement traiter le symptôme. Non seulement, cette élève aurait appris à écrire (ce qui au vu de ses statuts Facebook est loin d’avoir été acquis) et en plus, elle aurait progressé et été motivée en voyant ses notes augmenter.

Le succès, c’est grâce aux autres

En France, on ne reconnait pas les échecs, c’est toujours la faute des autres (il a grandi dans un environnement difficile, patati et patata). De la même manière, on ne reconnait pas les succès. S’il a réussi, c’est parce que ses parents ont des relations, ou ses parents sont riches, ou ses parents ceci ou cela. Jamais, ô grand jamais, vous entendrez dire : il a réussi parce qu’il travaillait deux fois plus que les autres, parce que quand les autres mangeaient, lui il travaillait, parce que quand les autres dormaient, lui il travaillait, parce que quand tout le monde lui disait que ça ne marchait jamais, lui il y croyait.

Mais je ne leur en veux pas, car les statistiques prouvent qu’en France, c’est principalement de la old money, des fils-de. Il est très très dur en France de créer sa propre fortune (principalement car le seul moyen de le faire est d’être entrepreneur, et Dieu sait qu’il faut être fou pour créer une entreprise en France). Cela dit, on a beau avoir tout l’argent du monde, si on ne travaille pas, le succès ne tombe pas du ciel, tout cru dans la bouche. Mais il faut du courage, ou alors se barrer comme nous le conseille le mouvement Barrez-vous

 

Les grèves

Cela commence depuis tout petit, quand le maître ou la maîtresse est en grève. Et c’est comme une graine qui germe, jusqu’à amener les collégiens à penser que bien qu’ils ne soient pas salariés et que l’école est gratuite, ils ont le DROIT de faire grève. D’ailleurs, c’est une bonne excuse à écrire sur les fameux coupons rose du carnet de correspondance, c’est même d’ailleurs une excuse acceptable et acceptée. Bien entendu, les grèves, c’est toujours mieux en Mai qu’en Décembre, histoire de pouvoir aller flâner à la plage. Il y a deux groupes de grèvistes : ceux qui ne savent même pas pourquoi ils font grève, et ceux qui pensent que d’être en grève leur donne tous les droits. Comme le droit de bloquer les lycées, c’est à dire restreindre l’accès à l’éducation et la libre circulation des gens. Roh, des droits basiques de l’Homme, on s’en fout, je suis en grève, alors j’ai le droit.

Il faut dire que leurs aînées montrent le bon exemple : occuper des usines, séquestrer le patron, bloquer l’accès aux raffineries/autoroutes etc… Tout est permis, on est en grève.

 

La France, cette nation déchue

 

Je les comprends les LePen-istes, nostalgiques de la grande nation France d’antan. Je pense que si on veut remettre la France sur pied, ce qui prendra plusieurs générations, il faut commencer par l’école et remettre au goût du jour la valeur du travail, du mérite, du professionnalisme et du vivre ensemble, qui ont été ruiné par des années d’Education Nationale gauchiste.

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